
Ce que mon cœur réparé m’a appris sur la force
J’ai longtemps cru que la force, c’était simple.
C’était 500 livres sur un deadlift.
C’était faire un farmer walk avec deux frigos dans les mains.
C’était s'assurer que rien ne me touche, que je suis plus tough que la vie.
Pis j’aimais ça, être ce gars-là. Celui qui lève, qui pousse, qui traîne, qui se bat.
Mais y’a une chose que je ne voyais pas venir :
Mon propre cœur allait me dire “assis-toi, faut qu’on parle”.
Le gars fort à l’hôpital
Quand t’es dans une chambre d’hôpital avec une jaquette ouverte dans le dos, que tu vois ton nom inscrit sur un tableau avec l’heure de ta chirurgie à côté…
Tu ne penses plus à ton PR de squat.
Tu penses à ceux que t’aimes.
À ce que t’as pas encore dit.
À si tu vas te réveiller.
Pis tu fais de ton mieux pour ne pas pleurer.
Pas parce que t’as pas le droit.
Mais parce que si tu commences, tu sais pas si tu vas être capable d’arrêter.
Se sentir faible pour la première fois
Après l’opération, j’ai marché.
Pas 10 km. Pas même 1 km.
J’ai marché jusqu’à la salle de bain… et j’étais essoufflé.
J’ai pas eu honte.
J’ai toujours cru que la faiblesse faisait partie du chemin.
Je l’ai toujours respectée chez les autres. Je l’ai même défendue.
Mais quand c’est ta faiblesse, quand c’est ton souffle court, ton corps qui ne suit plus…
Ça fait mal.
Pas physiquement.
Ça pique dans l’orgueil. Dans l’âme.
Tu réalises à quel point t’avais misé sur ta solidité.
À quel point tu te définissais par ce que tu pouvais faire, porter, accomplir.
Et là, juste te lever… c’est un exploit.
Ce jour-là, j’ai compris une chose :
Respecter la faiblesse, c’est une chose. L’habiter, c’en est une autre.
Et les deux demandent une forme de courage qu’on ne voit jamais sur un podium.
La force de demander de l’aide
Ça, c’est une épreuve pour un gars comme moi.
Moi, j’aide les autres. Moi, je porte les choses lourdes.
Moi, j’suis le “Funcle”, celui qui fait rire quand c’est lourd.
Mais un jour, j’ai eu besoin.
D’un bras.
D’un mot doux.
D’un lift.
D’un café déposé sans parler.
Et j’ai compris que demander de l’aide, c’est pas un signe de faiblesse.
C’est un cadeau qu’on fait aux autres aussi.
Une force différente
Aujourd’hui, je reviens tranquillement.
Je cours. Je lève. Je respire mieux.
Mon cœur a des morceaux empruntés, mais il bat avec une intention que j’avais oubliée.
Je ne cherche plus à redevenir l’ancien moi.
Je suis en train de bâtir le nouveau.
Celui qui sait que la force, c’est pas juste une question de muscles.
C’est d’aimer plus fort.
C’est de vivre plus lentement.
C’est de ne pas prendre une journée de plus pour acquise.
Fort de cœur, ce n’est pas juste un nom de projet.
C’est une promesse.
C’est ce que je suis devenu.
Et j’espère, un jour, que tu te sentiras toi aussi fort.e de cœur. Peu importe ce que t’as traversé.